Lalangue en un seul mot est un néologisme venu à l’esprit de Jacques Lacan dix ans avant sa mort. Cet énigmatique accolement va rapidement devenir un opérateur efficace pour prendre en compte, dans la pratique comme dans la théorie psychanalytique, les effets du Réel que Lacan définit comme l’impossible à symboliser.
Si le Réel n’a pas de signification, ne peut être réduit par le sens il peut, c’est la trouvaille lacanienne, être abordé, approché par l’équivoque et la poésie.
Il n’y a pas que la psychanalyse (lacanienne) qui prenne en compte/en conte « lalangue dite-maternelle ». L’orthophonie, le chant peuvent être des moyens privilégiés pour mettre lalangue au travail, en atténuer ses effets inhibants voire mortifères tout en en développant sa potentialité créatrice.
Un psychomotricien-psychanalyste et une orthophoniste-chanteuse-compositrice ont décidé de croiser leurs savoir-y-faire respectifs pour tenter de faire entendre quelque chose de leur perception singulière de lalangue et de ses effets dans une intervention commune.
Jeudi 27 février 2025 18h : IRTS Le Ban Saint Martin
Le conflit du Proche-Orient se révèle si complexe et surtout si résistant à toute solution préconçue, qu’il constitue une vraie invitation à rechercher ses dimensions inconscientes, d’autant plus qu’elles traversent tous les acteurs sans exception. C’est à leur éclairage que cette conférence est consacrée, en prenant appui sur un ouvrage publié il y a 20 ans et qui n’a pas pris une ride.
Daniel Sibony, mathématicien, philosophe et psychanalyste, auteur de Proche-Orient. Psychanalyse d’un conflit (éd. du Seuil, 2003) et « Les non-dits d’un conflit – Le Proche Orient après le 7 octobre » (2005).
Vendredi 4 octobre 2024 à 18h30 : Une amitié clair-obscur – édition : les impliqués.
Librairie : La cour des Grands : 12 rue Taison – Metz
Cet ouvrage constitue la chronique d’une amitié, qui lie, au fil des décennies, le narrateur, à un homme un peu plus âgé que lui, Pierre. Celui-ci devient son ami le plus proche, après avoir été celui de son père.
Cette amitié a d’abord pour cadre Tunis et sa banlieue estivale, et le livre donne une image de la vie tranquille qu’on pouvait y mener, durant les années qui précédent ou qui suivent immédiatement l’indépendance. Il aborde aussi les bouleversements, éventuellement les tensions entre communautés, que ce changement politique ne pouvait manquer d’apporter dans la vie quotidienne.
Pierre cependant est peintre et le narrateur qui le retrouve à Paris, apprend alors beaucoup de lui sur la peinture et sur l’art, mais aussi sur la vie. Il y a donc là le récit d’une transmission, qui prend à la fin, de façon inattendue, une dimension singulière.
Samedi 5 octobre 2024 à 14h15 : La psychanalyse comme dialogue – édition : Eres.
FRAC Metz Lorraine
A l’origine de ce livre, il y a un sentiment de malaise qui habite l’auteur en tant que psychanalyste et citoyen d’un pays démocratique. Dans la vie des institutions psychanalytiques, comme dans le fonctionnement de nos société, de vives tensions se sont développées durant les dernières décennies, là même où l’on aurait pu imaginer qu’une discussion plus sereine aurait pu limiter les conflits.
Par la place qu’elle donne à la parole, la psychanalyse a vocation à valoriser la faculté de dialoguer. Si la cure psychanalytique n’est pas réductible à un échange « horizontal » et doit ménager une dissymétrie nécessaire – mais non une position de surplomb – entre l’analyste et l’analysant, l’auteur soutient qu’elle ouvre à un dialogue différent où chaque mot, chaque geste prennent un sens plus fort et révèlent quelque chose du discours de l’inconscient.
A partir de ce point de départ, Roland Chemama reprend un grand nombre de questions, qui sont celles de la psychanalyse actuelle, du fait de son développement propre, mais aussi des données de l’histoire contemporaine.
Roland Chemama est psychanalyste, il a été président de l’Association Lacanienne Internationale et de la Fondation européenne pour la psychanalyse.
Entrée libre
La conférence sera suivie dans la foulée d’une visite guidée par un intervenant du FRAC des expositions en cours (voir le site)
Evoquez le « miroir » en psychanalyse renvoie immanquablement au « stade du miroir » et suite à l’exposition consacrée à Jacques Lacan au Centre Pompidou Metz qui se termine le 27 mai 2024, il parait nécessaire d’y consacrer un détour.
Avant de le déplier, je vous propose une promenade dans les mythes, l’histoire et la physique.
Que peut-on dire encore aujourd’hui sur le « stade du miroir comme formateur de la fonction du je », texte présenté à Zurich le 17 juillet 1949 au XVIème Congrès International de Psychanalyse.
J’interrogerai encore Dolto autour de « l’enfant du miroir », notamment dans sa lecture différente de celle de Jacques Lacan avant de se souvenir de quelques miroirs dans l’art et la littérature.
Entrée libre
La conférence sera suivie dans la foulée d’une visite guidée par un intervenant du FRAC des expositions en cours (voir le site)
Jeudi 30 mai 2024 – 19h00 – IRTS de Metz – Le Ban Saint Martin
Emmanuelle Chatelat : psychanalyste, Michel Klein et Yves Paul : psychiatres psychanalystes
« On transmet ce qu’on ignore avec ce que l’on croit savoir » : Pascal Quignard
Freud, fin du XIXème, invente la psychanalyse dans une époque bourgeoise et hétéro normée.
Nouvelle théorie du psychisme humain, fondée sur l’idée d’un inconscient dominé par la pulsion sexuelle.
Freud dans son époque devient celui par qui « le scandale arrive ». Il a pu choquer ses contemporains en abordant des thèmes comme la sexualité infantile, la bisexualité psychique ou encore l’homosexualité.
Aujourd’hui, avec le vacillement du système patriarcal qu’en est-il des nouvelles parentalités ?
Quels sont les enjeux de la transmission ? Au regard du sexe et au regard du genre, là où avec le discours de la science, tout devient possible ?
Comment tenir son rôle ou sa fonction, notamment celle de limite ?
Nous tenterons d’interroger à l’époque des reconfigurations familiales actuelles et des nouvelles possibilités biologiques les théories psychanalytiques : le complexe d’Œdipe, la fonction paternelle, le schéma R…
Il s’agira dans cette rencontre d’évoquer la structuration symbolique que ces nouvelles parentalités viennent interroger.
Philippe Choulet : Professeur honoraire de philosophie à Strasbourg
Samedi 9 mars 2024 – 14h15 – FRAC Lorraine – Metz
Pierre Legendre, remarquable historien et théoricien des institutions non seulement françaises, mais également européennes, issues de l’Empire romain et du Christianisme, fut également psychanalyste. Il entretient donc un lien d’admiration envers Freud, en particulier pour avoir ouvert les voies de l’inconscient pulsionnel (individuel ou collectif), du Symbolique et de l’Interdit.
Reste un reproche fondamental, celui de n’avoir pas interrogé la question des normes juridiques et de leurs origines, ce qui expliquerait une longue tendance à une forme de positivisme, de scientisme et même de technocratie, jusqu’à fonder une nouvelle… Patristique — dont les prophètes seraient Marx, Max Weber et Freud…
Somme toute, il manquerait à la psychanalyse une méthode généalogique, qui éclairerait grandement les révolutions juridico-économiques d’aujourd’hui, celles du néo-libéralisme et des méthodes de management de la modernité industrielle, qui entendent remplacer les cadres ancestraux du droit romain et du code civil, tout en refoulant la question de l’inconscient…
Entrée libre
N.B. :La conférence sera suivie dans la foulée d’une visite guidée par un intervenant du FRAC des expositions en cours (voir le site)
Pas besoin de s’inscrire, la visite sera ouverte pour le public de la conférence. Durée prévue 30mn.
Gérard Wajcman, psychanalyste, écrivain et co-commissaire de « Lacan, l’exposition » au Centre Pompidou – Metz.
Quand l’art rencontre la psychanalyse au Centre Pompidou-Metz (1er jan.-27 mai)
Jacques Lacan a consacré l’un de ses fameux séminaires aux Ménines, le célèbre tableau de Velázquez. Dans l’assistance se trouvait ce jour-là Michel Foucault, qui venait de publier Les mots et les choses (1966) dont les premières pages sont dédiées à l’analyse des Ménines. Or Lacan en proposera la lecture inverse : plutôt qu’interpréter l’œuvre, c’est l’œuvre qui nous interprète. Ainsi de ce tableau retourné au premier plan des Ménines dont on ignore le motif, qui entre en miroir avec la psychanalyse et son désir de connaitre la part invisible de nous-mêmes. Velázquez, psychanalyste ?
Conférence introduite par Pierre Ravenel, membre du Comité éditorial du Forum-IRTS de Lorraine et Yves Paul, psychiatre-psychanalyste et membre de l’association Borromée.
A la suite de notre séminaire autour de l’ouvrage de Pierre Bayard : « Œdipe n’est pas coupable », un récent voyage de l’un d’entre nous en Grèce l’a conduit à l’intersection – supposée – des routes décrites par Sophocle dans la pièce » Œdipe Roi ». Une stèle y a été érigée, là où Œdipe aurait assassiné Laïos, son père, ainsi que son escorte. Cette intersection est triple : Thèbes au sud, Delphes à l’ouest, Davlia à l’est.